Cela ne signifie pas que les contrôles sont terminés. Les poursuites judiciaires, les affaires concernant les jetons et les enquêtes sur les plateformes d'échange se poursuivent, et la SEC n'a pas soudainement décidé que tous les jetons étaient sans danger. Ce qui a changé, c'est la perception : le risque lié aux cryptomonnaies est désormais intégré à des catégories plus larges comme l'intégrité du marché, les conflits d'intérêts et la protection des particuliers, au lieu d'être présenté comme une menace isolée sur une page dédiée.
Ce choix de date n'est pas anodin : Washington s'efforce actuellement de mettre en place un cadre plus cohérent répartissant les responsabilités entre la SEC, la CFTC, les autorités de régulation bancaire et le Congrès, quel que soit le texte qui sera finalement adopté. Retirer les cryptomonnaies de la liste des priorités semble être une tentative d'apaiser les tensions pendant que ces décisions structurelles majeures sont élaborées.
Pour le secteur, cette évolution marque un tournant officieux, passant d'une « opération Choke Point, version blockchain » à une situation plus proche de la normalisation. Si vous êtes une plateforme d'échange, un courtier ou un émetteur de stablecoins aux États-Unis, vous devrez toujours faire face à des avocats et à des audits, mais vous ne figurerez plus chaque année dans le classement des « méchants » de l'agence. Ce seul fait change la façon dont les banques, les fonds de capital-risque et les entreprises cotées abordent ces questions.
En revanche, une SEC moins visible ne garantit pas des règles plus souples. Si le Congrès adopte une législation complète sur les cryptomonnaies et que la CFTC renforce son contrôle sur les marchés au comptant et les produits dérivés, le niveau global de surveillance pourrait rester inchangé, voire augmenter. La différence résiderait dans une approche plus structurée, plutôt que dans des communiqués de presse ponctuels et des poursuites judiciaires surprises.
Le fait que les cryptomonnaies ne figurent plus parmi les priorités de la SEC pour 2026 ne met pas nécessairement fin à la répression, mais c'est un signal clair que Washington passe d'une politique d'éradication totale à une politique d'intégration aux domaines financiers classiques, et les marchés interprètent cela comme une autorisation de souffler, du moins un peu.
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-Miles Monroe
Salle de presse de Washington DC
GlobalCryptoPress.com